Si on totalise les victimes des 3 grands accidents nucléaires des 40 dernières années : Three Miles Island en 79, Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011, le total fait moins de victimes que le charbon n’en fait par an !

Le charbon dans le passé a fait 100 000 victimes aux USA uniquement (et y fait encore 50 victimes par an aujourd’hui), En Chine 2500 à 3000 tués par an, et l’Inde, L’Afrique du sud, l’Australie, la Russie, la Pologne … pour ne parler que des principaux producteurs. On ne compte ici que les accidents, pas les victimes, bien plus nombreuses induites par la pollution de l’air due au charbon. Greenpeace évalue à 150 000 morts par an ces victimes indirectes : voir « le véritable coût du charbon ». On ne comptabilise pas non plus l’impact sur le réchauffement climatique qui fait que quelqu’un comme James Hansen le célèbre climatologue américain de la NASA, en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique,  est favorable au nucléaire.

Or  le solaire et l’Eolien, alternative au nucléaire, exigent des compléments de centrales thermiques, donc l’exploitation du charbon.

Toute activité humaine, la lutte pour la production, d’énergie entre autre, est risquée, couteuse en terme de vie humaine : Près de 600 morts d’accidents du travail par an en France.  Ces efforts et ces couts portent essentiellement sur les ouvriers. Quand cela touche d’autres classes, comme c’est le cas du nucléaire, les esprits s’échauffent.

Souvent les ouvriers, qui savent d’expérience  que pratiquement tout travail est dangereux, (et le bâtiment donc !) sont favorables à la poursuite de l’activité nucléaire, à Fessenheim et ailleurs.

Les capitalistes eux sont divisés entre le lobby du nucléaire, et les lobbies des autres sources d’énergie. Le lobby du nucléaire sait bien qu’il n’en subira pas les effets nocifs.

On peut se demander si la cible privilégiée que constitue le nucléaire pour la petite bourgeoisie ne vient pas du fait que le charbon tue essentiellement des ouvriers dans les mines d’Inde, de Chine, d’Afrique du sud,… alors que le nucléaire lui, est dangereux pour tous, y compris pour cette petite bourgeoisie en Europe.

Nous ne  négligeons pas  que le nucléaire, s’il n’a fait que quelques dizaines de morts pour l’instant, a aussi induit des cancers, des malformations, que la solution à long terme du traitement des déchets fait à juste titre peur. Les écologistes ont raison de le pointer. D’autant plus que, TEPCO au Japon comme EDF en France ont montré que la transparence n’est pas leur fort, qu’ils mentent pour protéger les intérêts d’une petite poignée. C’est là le vrai danger du nucléaire : le peuple n’a aucun moyen de comparer les couts et les dangers réels de chaque forme d’énergie.

La classe ouvrière ne peut pas  être pour ou contre le nucléaire.  Elle ne peut que réclamer une plus grande sécurité et une plus grande transparence dans toutes les productions d’énergie qu’elles qu’elles soient, une élimination du gaspillage de cette énergie, et lutter contre le pouvoir des 0,1 % qui trustent les décisions d’investissements dans la plus grande opacité et en fonction de leurs intérêts tout à fait minoritaires.

Le reste n’est qu’une division inutile et qui ne peut qu’affaiblir les luttes.