2) Qui détient la dette ?

                Depuis 1973, la dette publique a été privatisée, c'est-à-dire que l’état lance des emprunts (obligations diverses) qui sont souscrits par les privés.

On se rappelle que 1971 est la date de l’abandon du rattachement à l’or (à l’économie réelle) du $, ce qui crée les bases pour le début de la financiarisation à outrance de l’économie que l’on verra exploser dans les années Thatcher, Reagan, Clinton, Mitterrand.

Les trois pays qui détiennent le plus de dette française sont dans l’ordre: Les iles Caïman, Le Luxembourg, La Grande Bretagne (la City) autrement dit, trois paradis fiscaux.

3) comment la crise est elle expliquée par la dette ?

-          A partir de 2000 une politique de taux de crédit très faible aux USA, permet aux banques de proposer des crédits immobiliers à des ménages de plus en plus pauvres « les subprimes » : c’est « le ruissellement à l’envers » : pomper l’argent des pauvres vers le haut : création de la bulle immobilière.

-          En Europe la création de l’euro en 1999 permet aux pays périphériques : Grèce, Espagne, Irlande d’obtenir également des crédits aux taux très faibles qui entrainent une bulle immobilière (L’exemple Espagnol si souvent donné à cet époque est basé essentiellement sur la construction : plus de logements mis en chantier en Espagne en 2007 que dans toute l’Europe ou aux USA !)

-          Les crédits faibles permettent de financer les déficits budgétaires (aucun budget en équilibre en France depuis 1975)

-          L’Euro, dont le centre est l’Allemagne qui impose ses critères de gestion, est une monnaie forte, qui, dans les parties les plus faibles de l’Europe, entraine une perte de compétitivité. Des régions, pays entiers se désindustrialisent (Grèce, Espagne, régions françaises …) en particulier face à l’offre des pays émergents.

-          2007, 2008 la crise des subprimes : les particuliers ne remboursent plus leurs crédit aux banques, faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Panique bancaire, les banques ne prêtent et ne se prêtent plus.

-          2009 : récession mondiale : renflouement des banques, plans de relance par centaines de milliards de $ (aux USA ou en Chine) qui détériorent un peu plus le budget des états fragilisés: Grèce, Irlande, Espagne… mais aussi les USA qui commencent pourtant un 3ème plan… le renflouement des dettes privées, celles des banques a bien sur aggravé les déficits publics…

-          Crise de la dette européenne, plans de sauvetage de la Grèce, de L’Irlande, du Portugal, de l’Espagne, interventions répétées de la Troika : BCE, UE, FMI, les dettes continuent à être prises en compte par les budgets publics  au profit des banques privées, dont la situation est inconnue : stress tests bidons, La BCE financée par les états prête à 1% à des banques privées qui prête à 6% ou plus aux états…

 

4)      Comment réduire la dette ? ou Austérité /réformes structurelles versus  Croissance /inflation.

En agissant sur les 2 principales composantes :

-          1 Réduction du budget de l’état et de la protection sociale : c’est un des éléments du traité européen: pas de déficit public supérieur à 0,5 % du PIB. Autre composante du traité : pour respecter les 60% du traité de Maastricht il faudra dégager un excédent de 30 milliards d’euros par an pour résorber en 20 ans le  tiers des 1800 milliards de dettes vues plus haut (pour passer de 90% à 60%).

-          2 La compétitivité, que l’on traitera dans un autre article mais dont le résultat est le même : attaque contre les salaires et les acquis sociaux.

On tombe alors dans le cercle vicieux : l’austérité pour réduire les déficits, freine la croissance, qui freine les entrées fiscales ce qui accroit les déficits qu’on prétendait réduire.

               L’Allemagne (suivie par Sarkozy et les Républicains américains) a imposé sa logique : L’austérité accompagnée de « réformes de structures » : celles-ci sont connues : baisser le salaire minimum et l’ensemble des salaires, les retraites, allonger la durée du travail, les années travaillées, tailler dans les dépenses sociales, licencier au maximum, privatiser les biens et activités publiques : s’attaquer aux 99% au profit des 1%.

               Face à cette politique déflationniste et après 3 années d’expérience (2009 – 2012) qui ont prouvé que cette politique mène à la récession et donc à l’accroissement de l’endettement, les Anglo Saxons, Obama en tête, mais aussi Wall Street, Le Financial Times, François Hollande  (voyage à Londres pour s’adresser aux financiers) proposent la Croissance.

Cette croissance est basée sur des investissements, 3 ème plan QE3 mis en place aux USA : 40 milliards par mois sans limite de date : on fait marcher la planche à billet avec l’idée que l’inflation rendra indolore la facture qui sera plus ou moins reportée sur les générations futures (prêts sur plusieurs génération) ou sur les autres : endettement auprès de la Chine, de l’Inde, du Japon… la fuite en avant.

 

5)      L’essentiel est oublié :

 Paul Krugman le prix Nobel d’économie  fait remarquer que l’Irlande avait un excédent budgétaire et est l’un des pays les plus endettés aujourd’hui : La cause ? L’endettement privé, en particulier dans l’immobilier.

De même en 2007, au moment où la crise a éclaté aux Etats-Unis et avant que l’Espagne n’y soit entraînée, la dette publique espagnole ne représentait que 36 % du Produit intérieur brut. L’Espagne était l’un des meilleurs élèves de la zone euro avec un taux d’endettement public nettement inférieur au 60 % prescrit par le traité de Maastricht, son solde budgétaire était positif (+1,9 % du PIB alors que Maastricht impose un maximum de 3 % de solde négatif). La dette publique espagnole ne représentait que 18 % de la dette totale du pays. Ce n’est pas du côté de la dette publique qu’il faut chercher, car la crise qui affecte l’Espagne a été directement provoquée par le secteur privé : le secteur immobilier et le secteur du crédit

Fondamentalement la cause de l’endettement n’est pas publique mais privé. Plus précisément le fait que les 1% et même les 0,1% se soient accaparé toute la valeur ajoutée depuis 40 ans dans les pays occidentaux a obligé à « donner » aux 99% l’illusion, par l’endettement, les bulles immobilières et autres,  que leur niveau de vie progressait quand même.

Tant que les solutions ne s’attaqueront pas à la source de la crise et de l’endettement : c'est-à-dire à l’inégalité aggravée, à la cupidité des 1%,  les solutions échoueront.

Ce qui est étonnant est de voir que si les mouvements sociaux, certains économistes (voir Stiglitz) sont conscients de ça,  la Gauche non : il suffit de voir les politiques et discours aussi bien d’Obama que de Hollande. Mais un Melenchon non plus n’en fait pas l’axe de son discours et ne frôle cette question que de temps en temps et non pas comme l’urgence de notre époque.