Nous serons donc divisés, à l’exemple de François Ruffin qui soutient le mouvement et de Clementine Autain qui s’en tient à l’écart, tous les deux députés, membres du même mouvement  La France insoumise et qui semblent incapables de surmonter leur situation propre, l’un représentant la France rurale, l’autre l’agglomération parisienne.

Qui nous ? Les 99% !

Cette division ne pourrait être surmontée que si l’ennemi désigné n’était ni simplement le prix de l’essence, ni même le gouvernement.

Le prix de l’essence est lié pour un bon tiers au prix du pétrole brut mais dernièrement ce prix a baissé de 20%. Les  pays producteurs USA, Arabie Saoudite, Russie etc… sont pour ces jours ci hors de cause.

Les taxes jouent pour près des deux tiers et relèvent de la politique gouvernementale. Cette politique gouvernementale est déterminée d’un côté par sa participation au système capitaliste et financier mondial qui lui fait être partenaire des principaux producteurs du golfe, (l’accord USA / Arabie Saoudite de 1945 pour un prix du pétrole bas pour 60 ans, accord renouvelé par Bush en 2005 pour 60 ans supplémentaires), de l’autre l’oblige à essayer de rendre le capitalisme vivable en réduisant les désastres écologiques qu’il induit, d’où la taxe carbone.

Ce souci écologique est louable mais il ne peut être pris en compte que si en même temps on réduit les inégalités, or la politique gouvernementale les aggrave. Cette dernière est donc pleine de contradictions, et nous, faute de comprendre en quoi ces contradictions sont intrinsèquement liées au système capitaliste, nous les épousons et donc nous divisons au lieu de les surmonter.

Avec l’Extrême droite ?

Ainsi il est clair que si notre participation au 17 Novembre se faisait avec drapeaux rouges et Internationale il n’y aurait aucune ambiguïté à participer à un mouvement que l’extrême droite  tente d’infiltrer. Parce que symboliquement cela voudrait dire que nous pointons le réel ennemi : le système capitaliste inégalitaire que l'extrême droite ne remet jamais en cause. La gauche « non politique », partageant avec l’extrême droite et les partis de droite les mêmes  symboles, drapeau tricolore et marseillaise, manifestation de l’adhésion de tous au système, a alors besoin de s’en démarquer sur des questions de forme : « jamais avec l’extrême droite !».  Ainsi nous nous divisons, au risque de laisser la direction de la protestation légitime, d’où seront écartés les banlieues, les immigrés, les ouvriers – le cœur de notre camp - à des commerçants qui la réduiront à un mouvement poujadiste qui marchandera son ralliement au système.

Nous retrouverons ces éléments de division dans bien des occasions comme déjà pour les élections européennes. Paradoxalement seul un point de vue radical, permet d’unir les 99%. C’est-à-dire un point de vue qui oppose aux contradictions du système capitaliste une alternative générale, dont on ne voit pas aujourd’hui ce que ça pourrait être d’autre que le communisme (voir « Réinventer le communisme » 2018 Jacques Lancier).