• Tout d’abord une répression sans précédent depuis longtemps : plus de 2000 blessés, des milliers d’inculpés au casier judiciaire auparavant vierge. Voir la pétition de soutien aux victimes sur https://amnistiegj.fr/ . La répression est à la hauteur de la peur et de l’affolement que cette lutte des « invisibles » a suscité chez les nantis.
  • Si elle a bénéficié au départ d’un certain écho auprès des chaines de news en continu, la lutte des Gilets Jaunes a vite été l’objet de calomnies et de dénigrement de la part du pouvoir et de ses soutiens. Le « mouvement s’étiole » matraquent les media quand le nombre de manifestants baisse, ... mais aussi quand il monte! comme ce fut le cas encore lors du 15ème acte le samedi 23 Février 2019.
  • Le moindre dérapage verbal d’un Gilet Jaune est sanctionné, mais le « Casse toi pauvre con » de Sarkozy, « les sans dents » de Hollande, « les ouvrières bretonnes illettrées » de Macron, toutes ces insultes restent impunies. Même les 11 accidents mortels sont imputés aux Gilets Jaunes ! Les 2000 autres accidents mortels annuels sont de la faute de qui ?
  • Les Gilets Jaunes sont accusés de propager des fausses nouvelles par des media qui ne se privent pas de relayer la reine des fake news, la thèse du ruissèlement, celle qui veut faire croire qu’en donnant aux riches on fait profiter tout le monde
  • Il est de bon ton aussi de railler les Gilets Jaunes pour leur propension au complotisme, tout en montant contre eux le complot le plus cynique: « Soutenez ce système financier inique, sinon vous faites le jeu du fascisme ». Finkelkraut comme à son habitude, comme il l’avait fait lors de Nuits Debout en 2016, est venu donner une touche d’antisémitisme à l’affaire, histoire de tenter de crédibiliser un peu plus cette menace de fascisme.
Ce chantage  est de l’enfumage total puisque depuis le temps qu’ils nous font voter Chirac ou Macron pour éviter les Le Pen, le risque de l’arrivée des extrémistes au pouvoir n’a jamais été aussi grand de leur propre aveu! Preuve est largement faite depuis le vote pour Chirac en 2002 que soutenir les partis du système ne fait à terme que renforcer l’extrême droite. 

Et pour cause ! car il y a connivence profonde entre eux:

Tous deux défendent expressément et très officiellement le système capitaliste. La fraction mondialisée du capitalisme français pour l’un, la fraction retardataire et nationaliste pour l’autre. Aucun d’eux ne s’en prend aux capitalistes français, les Dassault, Pouyanné (Total), Mestrallet (Engie), Pinault (Kering), Lagardère, Arnault (LVMH) etc. dont le cupide Carlos Ghosn est un des représentants hautement symbolique. Le fascisme est tout à fait soluble dans le capitalisme : Lorsque les nazis en Allemagne, les fascistes en Italie sont arrivés au pouvoir, ils n’ont pas touché à la structure sociale et à la propriété des moyens de production : Les capitalistes allemands, les propriétaires de Mercedes, Porsche, Bayer, Thyssen, Siemens, Allianz etc. sont restés les mêmes, avant, pendant, après Hitler et jusqu’à aujourd’hui.

De même une étude fiscale sur  Florence en Italie montre que les familles riches étaient les mêmes en 2011 qu’en 1427, au XV ème siècle : elles ont traversé le règne de Mussolini sans problème. (Voir Réinventer le communisme)

C’est pourquoi les justes revendications des Gilets Jaunes, égalité sociale et démocratie, heurtent aussi bien le clan au pouvoir que l’extrême droite, même si, dans leur rivalité,  cette dernière tente d’utiliser le mouvement à son avantage.

Les revendications des Gilets Jaunes, égalité sociale et démocratie, annoncent un monde différent. Le désastre écologique, l’accroissement des inégalités (qui augmentent au fur et à mesure que leurs réformes se mettent en place), les rivalités commerciales, la nouvelle course aux armements et à la militarisation,  les risques de guerre, un monde de moins en moins sûr, sont les manifestations du fait que le capitalisme craque. Ce système capitaliste a 6 siècles, il n’a pas toujours existé, il n’existera pas toujours. Son alternative, le communisme n’a pas été convainquant dans ses premières tentatives, mais elles n’ont qu’un siècle et demi.

Arrêter d’évoquer le fascisme !

Évoquer le fascisme à chaque lutte sociale c’est tenter d’étouffer ces luttes. Évoquer le fascisme à chaque répression qu’entraine les luttes est une erreur car la conséquence est de ne pas oser se révolter, de pactiser avec le système, de faire avec. Mais consolider le système capitaliste sous prétexte d’éviter le fascisme ne fonctionne pas car le fascisme fait partie du système. Aujourd’hui appeler à la lutte antifasciste c’est se tromper d’époque, l’histoire ne rejoue jamais exactement les mêmes séquences. Le contexte international est également différent : il n’y a pas un Hitler appelant, voulant, argumentant, justifiant des agressions et la guerre mondiale, ce qui nécessitait à l’époque, pour le combattre, de faire l’alliance avec la fraction démocratique de la bourgeoisie, et d’une certaine façon de mettre en sourdine les revendications sociales. Trump (USA), Poutine (Russie), Salvini (Italie), Orban (Hongrie), Kaczynski (Pologne), Bolsonaro (Argentine), etc… sont en eux même la manifestation de la crise capitaliste. Aucun d’eux n’a les moyens, ni même l’intention de dominer le monde. Ils sont l’expression nationaliste de l’exacerbation des rivalités capitalistes. Elles aussi peuvent mener à la guerre, mais la réponse dans ce cas est la lutte pour la paix et la révolution socialiste et non l’alliance avec une fraction d’entre eux. Si une analogie doit être faite, nous sommes plus avant 1914 qu’avant 1940. Ce qui s’oppose à la guerre impérialiste de 1914 c’est la révolution socialiste de 1917. C’est pourquoi  c’est le mouvement social qui porte la solution à la montée des extrêmes droites.

La connivence Macron, Le Pen

Macron se prétend l’ennemi des populistes, mais lorsqu’il s’agit des populistes sionistes son discours change et la complaisance est là. Macron et Le Pen se retrouvent pour défendre un état d’Israël assassin qui fait 10 fois plus de victimes que les terroristes qu’il prétend combattre.

Macron et Le Pen tentent de dévier le mouvement de ses objectifs : par l’enfumage du grand débat « discutons de tout, sauf de l’essentiel, l’inégalité » pour l’un, en orientant la lutte contre les immigrés, donc en aggravant les inégalités pour l’autre. En flirtant avec l’antisémitisme pour l’un, en se faisant le héros de la lutte contre pour l’autre, se partageant les rôles, mais ayant en commun d’agiter un hors sujet pour dévier les Gilets Jaunes de leurs objectifs.  Tous deux tentent de diviser le mouvement en suscitant des listes Gilets Jaunes pour l’un, en s’attaquant aux immigrés ou à l’Europe pour l’autre.

Peut-être que les tentatives du RN de profiter électoralement de la grogne contre Macron peut fonctionner à court terme. Mais de toutes façons les revendications des Gilets Jaunes sont si radicalement anti capitalistes qu’elles sont en conflit avec le programme du RN. C’est ce que manifeste le fait que dans de nombreux pays des travailleurs ont compris qu’ils luttaient contre le même ennemi et ont repris le symbole du gilet jaune. Comme en Hongrie, Pologne, Israël, Turquie,… où c’est contre les fameux populistes nationalistes si chers à Marine Le Pen que les luttes ont lieu.

Le complot, le chantage « C’est le système ou le fascisme » n’est pas  mené uniquement contre les Gilets Jaunes, mais contre tout le mouvement social dans tous les pays, et il sera matraqué lors des élections européennes. Il vise à masquer qu’un autre monde est non seulement possible, mais devient indispensable.