Edwy Plenel est dans bien des domaines très pertinent, argumenté, même si sa recherche de style lui fait perdre parfois un peu de sa force. La nouveauté disruptive des Gilets Jaunes   est excellemment exprimée. L’appui, l’aide que leur donne Plenel avec ce livre montre qu’il reste lui aussi du côté du peuple.

Où ça pêche ? Comme trop souvent  bien sûr c’est par la faiblesse des perspectives, des solutions : « la démocratie sociale et écologique » propose Plenel? Mais (à part l’écologie, revendication plus nouvelle) c’est l’état providence ! C’est ce qui a été tenté depuis la guerre, ce sont les trente glorieuses. C’est ce qui a échoué. C’est ce qui ne pouvait marcher que grâce aux surprofits impérialistes qui permettaient dans les pays occidentaux ce pacte entre le pouvoir et les travailleurs. Les pays émergents limitent aujourd’hui ces possibilités. Sans parler qu’elles étaient injustes, elles ne reviendront pas. Ne pas oser affirmer une alternative positive radicale différente au capitalisme, le Communisme, c’est condamner les luttes à échouer. Ne pas s’attaquer à la propriété privée des moyens de production c’est suivre le chemin des gauches qui échouent, du Brésil au Venezuela, en passant peut être demain  par la Grèce. Parce que le système capitaliste restant en place, il a les capacités de corrompre rapidement les meilleures volontés.

Ne pas proposer une alternative radicale, nécessaire, d’avenir c’est rester dans la perspective de Zizek : « échouer mieux la prochaine fois », c’est malheureusement ce que le titre de ce livre par ailleurs fort intéressant exprime déjà : « La victoire des vaincus ».