Certains, voteront blanc avec l’idée qu’il faut user des conquêtes démocratiques pour qu’elles ne se perdent pas. C’était un progrès que le droit de vote pu être exercé par une partie des hommes, même si les pauvres n’y avaient pas droit, c’était un autre progrès  que tous les hommes aient le droit de vote même s’il ne s’étendait pas aux femmes, cela reste une conquête démocratique même si pour être réellement universel il faut étendre le droit de vote à tous, y compris aux immigrés.

Savoir si les changements radicaux nécessaires pourront se faire par des élections pacifiques est le souhait du plus grand nombre. Mais c’est une question qui relève de la politique des 1% : céderont ils leurs privilèges pacifiquement ? En tout cas le camp des 99% est dans son bon droit, condition nécessaire pour l’unité la plus large et la plus solide, en exigeant le droit de vote pour tous afin d’initier ces changements.

Enfin le reste d’entre nous se dispersera entre des dizaines de listes avec pour chacun des motivations tout à fait louables mais qui poussent à soutenir des listes différentes : Dénoncer le système et Macron, dénoncer les inégalités, soutenir la démocratie, promouvoir l’écologie, dénoncer la gestion des autres espèces animales, défendre l’Europe etc.

Notre dispersion prouve qu’aucune liste n’est vraiment représentative des intérêts du plus grand nombre. Le fait qu’il y ait parait-il 3 listes estampillées « gilets jaunes » est également la preuve que le mouvement social n’a aucun représentant légitime et unique dans ces élections. 

Comme l’indique l’économiste Thomas Piketty dans une récente chronique du journal Le Monde : «  L’union européenne telle qu’elle s’est construite, fonctionne objectivement au bénéfice des plus favorisés ». Ceci est vrai de toutes les initiatives dans un système capitaliste, depuis la création des entreprises, jusqu’aux  diverses institutions en particulier les états nations, en passant par les expéditions coloniales, les réseaux financiers,  l’épuisement de la planète, les guerres. Après avoir formidablement développé l’économie et avoir sorti une bonne partie de l’humanité de l’extrême pauvreté liée à la primauté de l’agriculture, ce système aboutit aujourd’hui à des impasses, économiques, financières, écologiques, inégalitaires. Comment le dépasser ? En revenant à l’artisanat ? Aux états nations, voir aux comtés et aux duchés ? Non ! on peut dire  pour l’Europe  ce que disait Lénine à propos de la tendance du capitalisme à créer des monopoles : pas de retour à la petite entreprise mais « En avant, à travers les trusts, et au-delà, vers le socialisme ! ».

Cette Europe socialiste est le seul objectif qui permette de surmonter la contradiction que les grecs en particulier ont vécu lorsqu’ils ont refusé en 2015 par leur NON au referendum les diktats de la troïka, mais quand dans le même temps ils ne voulaient pas quitter l’Europe. C’est ce que ressent fondamentalement tous les opprimés en Europe : L’Europe oui mais pas comme ça !