• Si la participation a augmenté elle reste cependant faible à 50,12%, en particulier dans les classes populaires qui représentent 60 à 65% de la population active et qui se sont abstenues à plus de 50% (les classes moyennes 30% à 35% de la population elles ont plus voté).

Ce qui relativise tout ce qui peut être dit sur les choix politiques de la classe ouvrière. Les classes populaires se sont abstenues de nouveau et en connaissance de cause car dans l’état actuel des propositions politiques et de division, rien de bon ne peut sortir de ces élections.

  • Les « vainqueurs »,  les listes  RN, 23,3 % au lieu de 24,86 % en 2014, et Lrem 22,4% (24,01% pour Emmanuel Macron au premier tour de 2017) sont en fait toutes les deux en régression. Or, compte tenu de la mobilisation médiatique autour de leur match, elles auraient dû progresser au lieu de régresser : les deux arguments : « voter utile pour faire battre Macron » (comme cet élu de LFI qui a appelé à voter RN), ou « voter utile pour faire barrage au RN » se tiennent tous les deux et ont gonflé leurs résultats de gens, non convaincus, mais croyant voter utile. Ces deux partis sont les principaux tenants du système, partisans de la propriété privée des moyens de production et de la finance. La désaffection à leur égard est positive.
  • Contrairement à la propagande et au dénigrement vis-à-vis des gilets jaunes, le RN régresse malgré, ou plutôt à cause du mouvement des gilets jaunes, Marine Le Pen s’étant opposée à l’augmentation des salaires, du smic en particulier, ayant refusé d’étendre l’ISF, ayant refusé de condamner les violences policières. … Liste qui sur 79 candidats ne présente aucun ouvrier.
  • Avec l’écroulement des Républicains, le 3ème parti du système, Lrem le parti du président des riches est clairement le nouveau parti de droite.
  • Un autre vainqueur, les écologistes 13,5% (ils progressent aussi dans d’autres pays Européens, en Allemagne à 20,7%)  récupèrent l’essentiel des voix sociales démocrates, portés par les justes préoccupations écologiques. Ce parti fera illusion probablement encore un temps, mais le fait qu’il ne conteste qu’à la marge la gestion du capitalisme, (Yannick Jadot se félicitait dès lundi matin de la fusion Renault / Fiat !), et qu’il laisse en place l’oligarchie financière, ne fait aucun doute sur son avenir : ses anciens leaders, Daniel Cohn Bendit, Pascal Canfin, Pascal Durand, étaient tous supporteurs ou candidats de la liste du président des riches.  Les lobbies les mangeront. Ces lobbies qui nous gouvernent réellement,  comme l’ont dénoncé aussi bien Nicolas Hulot au gouvernement, ou Edouard Martin, le député européen sortant de Générations, ancien leader de la lutte des aciéries chez Arcelor Mittal à Florange en ce qui concerne les décisions du parlement européen.
  • La défaite de LFI 6,3%, du PCF 2,3%, de LO (soutenue par le NPA !) 0,8%, est le juste reflet de positions incohérentes, et divisées, dont la disparition sera nécessaire à l’émergence d’une alternative crédible aux échecs du système actuel.

    Que ce soient les préoccupations écologiques exprimées par le mouvement de la jeunesse et le vote à ces élections européennes, les préoccupations de justice sociale et de vraie participation démocratique exprimées dans les mouvements sociaux comme les gilets jaunes en France dernièrement, la volonté de paix et donc un souhait d’Europe, comme garant de cette paix, souhaitée même par les anglais*, tous ces souhaits exigent que les moyens de production et la finance soient mis en commun, donc d’une façon ou d’une autre un communisme. La grande instabilité politique que reflètent ces élections donnera sans doute des occasions de faire émerger cette alternative que la crise du système actuel, illustrée dernièrement par la crise commerciale et la relance de la course aux armements (même la pacifique Suède a rétabli la conscription militaire !) exige.

    *Si toute la presse s’extasie sur le score de Nigel Farage et le parti du Brexit 31,71% et 29 sièges, personne ne semble noter que Farage représente tous les pro Brexit et que les 3 partis suivants (libéraux, travaillistes, verts) totalisant 43, 69 % des voix et 33 sièges sont à des degrés divers pro européens, le parti conservateur 5ème avec 8,71% et 4 sièges étant divisé.